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La cinquième édition des Rencontres Internationales du Cinéma de Patrimoine s’est tenue à Vincennes du 28 janvier au 1er février 2010. Forte de sa programmation réunissant de nombreux films, débats, master-classes et tables rondes, cette dernière édition a réuni un public toujours plus important.
Ces rencontres, comme chaque année, se sont articulées autour de deux axes principaux : la présentation d’un programme de films de patrimoine le plus en phase possible avec l’actualité des travaux des organismes internationaux de conservation, et l’organisation parallèle de manifestations permettant de réunir acteurs institutionnels et économiques concernés par la thématique de l’édition.
Cette édition 2010 a également permis le développement d’actions pédagogiques à destination des élèves, collégiens, lycéens et étudiants. Elle a aussi ouvert un champ de réflexion sur le thème « Cinéma et Handicap » en organisant notamment une projection ouverte à tous les publics.
Les films au programme
47 films ont été projetés pendant quatre jours, autour de cinq thèmes principaux : l’Enfance au cinéma, l’âge d’or du cinéma et des guinguettes, le cinéma burlesque américain, et notamment Harold Lloyd, le cinéma allemand et tout spécialement la Cinémathèque de Berlin, la Fondation Murnau et la Fondation Leni Riefenstahl. Enfin, un hommage a été rendu à Jean-Pierre Mocky à travers une rétrospective de ses films.
Master-classes, débats et tables rondes
Les Rencontres de Vincennes ont offert au public la possibilité de côtoyer durant quatre jours de nombreux professionnels du cinéma et de dialoguer avec eux autour de leurs films ou du 7e art. Initiées en 2008, les Rencontres Hors-cadre et masters classes ont permis une fois encore d’échanger de façon informelle et intime avec les personnalités du cinéma.
Les master-classes portaient cette année sur la musique de film et sur le métier d’affichiste. Michel Landi (César de la meilleure affiche pour Harem), Catherine Dubreuil (reporter-dessinatrice) et Philippe Petit Jean (PDG de Publidécor) comptaient parmi les intervenants. Les Rencontres Hors-cadre ont permis au public de dialoguer avec les artistes Marisa Berenson et Jean-Pierre Mocky.
Les expositions
Cinq expositions se sont tenues, pendant et en amont des Rencontres : Ciné-dessiné, exposition de dessins de tournage de Catherine Dubreuil, Henri Langlois en 24 images, exposition proposée par la cinémathèque française, Sur les chemins de l’école, exposition de photographies réalisée par l’ECPAD, Le burlesque, exposition d’affiches et objets présentée par l’association Vallardy et Les boîtes à mémoire du 7ème art, sculptures sonores de l’artiste verrier Joëlle Isnardon.
Les prix Henri-Langlois
À l’issue des Rencontres sont décernés, chaque année, les Prix Henri-Langlois, du nom du père fondateur de la Cinémathèque française. Ces prix récompensent des comédiens, réalisateurs, producteurs, fondations et cinémathèques qui ont su imposer une éthique et un regard emprunt de curiosité et d’universalité sur le cinéma mondial. Cette année les Rencontres ont attribué les prix Henri-Langlois à :
- Marisa Berenson, comédienne, pour l’exemplarité de ses choix et le rayonnement international de sa carrière.
- Jean-Pierre Mocky, pour son parcours atypique d’acteur, réalisateur, scénariste, écrivain, exploitant, producteur et distributeur.
- Alain Corneau, réalisateur, pour l’ensemble de son œuvre.
- Vladimir Cosma, compositeur de musiques pour l’image, pour l’ensemble de sa carrière.
- Claire Denis, réalisatrice, pour son film 35 rhums.
- Jean-Marie Girerd, réalisateur et producteur de films d’animation.
- Lucien Jean-Baptiste, comédien, pour ses débuts derrière la caméra.
- Mario Luraschi, cascadeur équestre, dresseur de chevaux pour le cinéma.
- Rakhshan Bani Etemad, réalisatrice iranienne, pour son combat en faveur de la féminisation de la profession.
- Radu Mihaileanu, réalisateur, pour son humanisme et ses engagements.
- Edmond Richard, directeur de la photographie, pour sa carrière internationale auprès de réalisateurs aussi différents que Luis Buñuel, Orson Welles, René Clément, Marcel Carné, Henri Verneuil, Jerry Lewis ou… Jean-Pierre Mocky.
- Jean-Jacques Schpoliansky, exploitant indépendant, pour son audace aux commandes du cinéma « Le Balzac », qui célèbre ses 75 ans.
- Régis Wargnier, réalisateur, pour l’ensemble de sa carrière.
- Martin Koerber, conservateur de la cinémathèque de Berlin, pour la qualité de son travail de promotion, restauration et préservation des fonds de cette cinémathèque.
- Ali Borgini, réalisateur, pour son film Le dernier week-end.
A l'honneur

Portrait
Il est très difficile de ne donner qu’une seule casquette à Jean-Pierre Mocky, tant il est vrai, qu’il est à la fois réalisateur, acteur, chef monteur, dialoguiste, producteur ou scénariste.
Ce personnage atypique du 7e art français débute comme acteur au cinéma et au théâtre, et pour embrasser le rôle de réalisateur la première fois en 1959. En 1958, alors qu’il signe l’adaptation du roman d’Hervé Bazin, La Tête contre les murs et veut le mettre en scène, les producteurs effrayés par sa jeunesse, l’obligent à confier la réalisation à un scénariste plus âgé ; ce sera Georges Franju. Mocky interprétera le rôle principal du film et prendra se revanche l’année suivante en réalisant son premier film, Les Dragueurs, qui connaîtra le succès. Il signera ensuite de grands films avec toujours de grands comédiens populaires tels que Bourvil, Francis Blanche, Jean Poiret, Richard Boringer et surtout Michel Serrault qu’il fera tourner dans une douzaine de fois. Depuis, le réalisateur a imposé sa verve comme marque de fabrique en tournant des films provocateurs aux budgets serrés.
Quatre films étaient projetés :
L’Albatros (1971) Solo (1969) Un drôle de paroissien (1963) La Cité de l’indicible peur (1964), pour la première fois en version intégrale et en présence de Jean-Pierre Mocky
Une rencontre hors- cadre
Jean-Pierre Mocky et le public des Rencontres ont eu l’occasion d’une rencontre intimiste.
Retrouvez toutes les photos et vidéos de l’évènement sur le site.
Zoom sur
« Je suis citoyen du Monde, ma patrie c’est le cinéma »
Henri Langlois
Conservateur français, fondateur de la Cinémathèque
À l’issue des Rencontres, le lundi 1er février 2010, ont été décernés, comme chaque année depuis 2006, les « Prix Henri-Langlois », du nom du père fondateur de la Cinémathèque française et mémoire mondiale reconnue par ses pairs.
Ces prix distinguent et récompensent le travail et le talent de toutes celles et ceux qui, par le monde, œuvrent pour partager leur passion du cinéma et transmettre aux nouvelles générations la connaissance des grandes œuvres du patrimoine cinématographique.











Prix Henri-Langlois 2010, à Mademoiselle Marisa Berenson, comédienne, pour avoir su mêler, avec brio et naturel, différentes activités artistiques en parallèle liées à l’image comme mannequin, artiste et ambassadrice de l’Unesco et maintenant écrivain. Trop rare sur les écrans mais qui a pu travailler avec certains des plus grands comme Visconti ou Kubrick.
Prix Henri-Langlois 2010 à Alain Corneau, réalisateur, pour l’exemplarité de ses choix et de son parcours cinématographique qui a su mêler avec subtilité des films de genres très divers, ou la quête initiatique du ou des héros est toujours toujours empreint d’une grande spiritualité mêlée d’humilité et de générosité envers l’autre.
Prix Henri-Langlois 2010 – Compositeur de Musiques pour l’image, à Vladimir Cosma pour l’ensemble de sa carrière et de ses créations inoubliables pour des oeuvres cinématographiques.
Trophée Coup de Cœur 2010 de l’association Henri-Langlois, à Claire Denis, réalisatrice, pour son film 35 rhums.
Prix Henri-Langlois 2010 – Film d’Animation à Jacques-Rémy Girerd, réalisateur, pour ses qualités d’homme orchestre de l’animation aussi bien créateur que producteur et qui figure désormais parmi les plus grands noms du dessin animé dans le monde.
Prix Henri-Langlois – Révélations 2010 à Lucien Jean-Baptiste, comédien et réalisateur, pour ses débuts derrière la caméra avec La Premiere Etoile une comédie tendre et réjouissante sur fond de décor social, traitant de sujets actuels comme le racisme ou le chômage.
Prix Henri-Langlois 2010 – Arts et Techniques du Cinéma à Mario Luraschi, cascadeur équestre, dresseur de chevaux pour le cinéma, technicien de l’ombre dont l’art est reconnu et envié dans le monde entier. Il a participé à plus de 400 films et l’un de ses chevaux est le seul à avoir obtenu un Oscar.
Prix Henri-Langlois 2010 – Cinémas du Monde, d’ici & d’ailleurs à Rakhshan Bani Étemad, réalisatrice iranienne emblématique, pour son combat courageux prônant la féminisation de la profession après la Révolution et pour l’obtention du droit à « un cinéma au féminin ».
Prix Henri-Langlois 2010 – Humanisme & engagement à Radu Mihaileanu, réalisateur, pour avoir su en quelques films marquer le cinéma mondial d’une empreinte particulière, courageuse et engagée par un travail sur la mémoire mêlant aux tragédies de l’Histoire moderne un humour, une poésie, un humanisme, savamment et idéalement distillés.
Prix Henri-Langlois d’Honneur 2010 à Jean-Pierre Mocky, réalisateur, pour sa filmographie incroyablement riche et pour avoir en 50 ans de carrière, sans jamais faire de concession, pu réaliser un parcours exceptionnel recouvrant tous les aspects du 7e art comme acteur, réalisateur, scénariste, écrivain, exploitant, producteur et distributeur.
Prix Henri-Langlois “5e anniversaire” – Arts et Techniques du Cinéma à Edmond Richard, directeur de la Photo, pour sa carrière internationale qui l’a amené à travailler sur plus de 50 années avec des réalisateurs aussi différents que mondialement reconnus comme Luis Bunuel, Orson Welles, René Clément, Marcel Carné, Henri Verneuil,Jerry Lewis ou Jean-Pierre Mocky, ainsi que pour son ingéniosité et sa perspicacité technique.
Prix Henri-Langlois 2010 – Promotion et défense du Cinéma à Jean-Jacques Schpoliansky, exploitant indépendant, pour sa passion et son audace aux commandes du cinéma « Le Balzac », qui célèbre ses 75 ans, dernier des exploitants art et essai des Champs-Elysées.
Prix Henri-Langlois d’Honneur 2010 du 5e anniversaire à Régis Wargnier, réalisateur, pour l’ensemble de sa carrière internationale récompensée à de multiples reprises et qui a su dans son oeuvre mêler rigueur, exigence, cinéma d’auteur et accès grand public. Il est par ailleurs un infatigable défenseur du cinéma français et de l’exception culturelle.
Prix Henri-Langlois d’Honneur 2010 – Cinémathèques et restaurations à la Cinémathèque de Berlin pour la richesse de son fonds et la qualité de son travail de promotion, restauration et préservation. Prix remis à Martin Koerber, Conservateur.
Prix décerné à Ali Borgini, réalisateur pour son film Le dernier week-end.
Prix de la Ville de Vincennes 2010 à la Famille Méliès pour le travail de conservation et de promotion de l’oeuvre de Georges Méliès à la veille des 150 ans de sa naissance.
Prix Spécial 5e anniversaire de la ville de Vincennes à Marc du Pontavice, producteur et PDG de Xilam, société née il y a 20 ans à la pointe des images d’aujourd’hui et de demain notamment en matière de films d’animation.
















