La famille Méliès

3 février, 2010

Hommage de la ville de Vincennes à la famille Méliès

Georges Méliès (1861/1938) détruit son stock de films nitrate en 1923.
Depuis plus de 60 ans, la famille Méliès recherche les films perdus (seulement 8 recensés en France en 1945) auprès des collectionneurs, magiciens et forains, et des cinémathèques du monde entier. Sa collection de films de Méliès, plus de 220, est à ce jour la plus importante au monde. La cheville ouvrière de ce travail est Madeleine Malthête Méliès, petite fille du pionnier, élevée par lui.

La famille est épaulée par une association créée en 1961 sous l’impulsion du mari de Madeleine, le Dr Malthête, pour réaliser des conférences et des cinés-concerts en France comme à l’étranger, des colloques, des expositions et des publications.

Un trophée a été remis à la famille, en ouverture des Rencontres le vendredi 29 janvier 2010, en présence de Madeleine Malthête Méliès et de Lawrence Lehérissey, qui représentera la 4ème génération. Lawrence, qui est pianiste de formation classique et jazz, accompagne depuis des années les cinés-concerts et est l’auteur de la musique du DVD Méliès, édité en 2008 par Studio Canal.

La cinémathèque Méliès : ses liens avec la famille Méliès, son histoire, ses activités

L’association « Les amis de Georges Méliès », régie en France par la loi du 1er juillet 1901, a été créée le 30 mai 1961. En 1988, il fut décidé d’ajouter le terme  »cinémathèque Méliès » à la dénomination. Son but est de retrouver, restaurer, conserver, et montrer les films de Georges Méliès, et de rechercher tous les documents (dessins, photos, écrits, objets, témoignages, etc.) concernant l’oeuvre de Georges Méliès.

Toutes ces recherches avaient été commencées par Madeleine Malthête-Méliès et son mari, le docteur René Malthête à partir de 1946. Madeleine, petite-fille de Georges Méliès, élevée par lui et par la seconde Madame Méliès jusqu’en 1938, avait à coeur de préserver la mémoire de son grand-père.

Elle avait été avant la guerre en contact avec les fondateurs des premières cinémathèques dans le monde – y compris Henri Langlois, Georges Franju et Jean Mitry les fondateurs de la Cinémathèque Française – grâce à Georges Méliès jusqu’en 1938, puis ensuite grâce à sa grand-mère d’adoption Madame Méliès, jusqu’en 1956. En outre, Madeleine avait été pendant trois ans la secrétaire d’Henri Langlois à la Cinémathèque Française, 7 avenue de Messine à Paris, de 1943 à 1945. Elle était donc en relation avec la plupart des personnes intéressées par l’oeuvre de Méliès dont il n’avait rien conservé lui-même.

En effet, sur le demi millier de films édités par la « Manufacture de films pour cinématographes de Geo Méliès », la Star film, il n’en subsistait que huit en France, en 1945. Pour faire découvrir Méliès, il fallait donc partir à la recherche de ses films perdus.

Heureusement, beaucoup de films dormaient dans des dépôts publics ou privés. En 1960, on en avait déjà retrouvé une centaine, achetés à des forains ou des collectionneurs par le docteur Malthête, ou offerts à Madeleine par des magiciens, ou faisant l’objet d’échanges avec les archives mondiales grâce à l’efficacité des liens tissés entre la famille Méliès et les archives du monde entier.

En 1961 fut célébré le centenaire de la naissance de Georges Méliès. La collection de films, de documents et d’objets retrouvés et rachetés par la famille Malthête-Méliès était fort importante. Elle fut donc fortement mise à contribution pour organiser, prêter et présenter trois grandes expositions, en mars, au Musée du Cinéma de Turin (Italie), en juin à Paris (Musée du Louvre, pavillon de Marsan) et en juillet à Locarno (Suisse). Il apparut alors qu’une association indépendante devait être fondée pour gérer exclusivement le fond Méliès, sous la surveillance des ayants droit.

Les membres de la famille sont très actifs au sein de l’association qui compte 150 adhérents : étudiants et historiens en cinéma, magiciens, cinémathèques du monde entier ou simples amoureux de l’oeuvre du pionnier. Grâce aux voyages de Madeleine Malthête-Méliès qui a toujours présenté les films de son grand-père dans le monde entier, puis de Marie-Hélène Lehérissey, arrière petite-fille de Méliès, beaucoup d’étrangers ont adhéré à la Cinémathèque Méliès. Lawrence Le Hérissey, pianiste et fils de Marie-Hélène, accompagne les projections. Jacques Malthête effectue des recherches approfondies sur le montage et le coloriage des films de Méliès et, entre autres publications, a établi une filmographie complète qui fait référence.

La collection des films comprend à l’heure actuelle près de 220 titres. L’association organise des ciné-concerts en France et à l’étranger, participe à des expositions (en 2002 à l’Espace Electra d’EDF, en 2008 à la Cinémathèque Française), contribue à la réalisation de DVD : « Méliès le cinémagicien » (Arte Video) et « Georges Méliès » (Studio Canal), ainsi qu’à des colloques internationaux et publie des ouvrages de référence.

La cinémathèque Méliès organise un colloque au centre international de Cerisy La Salle la dernière semaine de juillet 2011 pour fêter le 150e anniversaire de la naissance de Méliès : l’intégralité des films retrouvés par la famille y sera projetée, une vingtaine d’universitaires du monde entier y présenteront leurs plus récentes recherches.

Classé sous: A l'honneur
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